Spécial retraite

Réforme des retraites : « on aurait pu négocier »

Alain Olive, secrétaire général de l'Union nationale des syndicats autonomes, estime que la réforme dévoilée avant-hier est injuste.

« Avec cette réforme, nous avons le régime de retraite le plus dur en Europe ». PHOTO AFP

 

Pour le leader de l'Union nationale des syndicats autonomes (Unsa), les syndicats « réformistes » auraient été prêts à aborder la question de l'âge si le gouvernement avait lâché du lest sur la pénibilité et les seniors.

« Sud Ouest ». L'âge légal porté à 62 ans vous a choqué ?

http://memorix.sdv.fr/5/UNKNOWN/159130952/Position1/default/empty.gif/315a4461316b6f6c456c414143657969?emploi&reforme-des-retraites

Alain Olive. Ce projet de loi durcit considérablement les paramètres d'âge. Le plus grave, c'est davantage l'âge auquel on touche la retraite sans décote, quelle que soit la durée de cotisation, qui passera progressivement de 65 à 67 ans. En 2018, il y aura encore plus de gens qu'aujourd'hui qui n'auront pas atteint le nombre d'annuités de cotisations nécessaires à 62 ans, et pour ne pas être touchés par la décote, ils devront poursuivre jusqu'à 67 ans. Avec cette réforme, nous avons le régime de retraite le plus dur en Europe. En Allemagne on doit attendre 65 ans, mais pour l'obtenir, il faut avoir cotisé seulement 35 ans. La retraite est donc effectivement à 65 ans dans ce pays, alors qu'en France ce sera 67 ans.

Vous affirmez que ce seront seulement les salariés qui vont payer ?

À l'horizon 2018, le besoin de financement est de 45 milliards. Sur ces 45 milliards, 20 milliards sont apportés par le report de l'âge de départ, 5 milliards environ seront fournis par les cotisations des fonctionnaires, 15 milliards par l'État patron sur les retraites de la fonction publique et 4 milliards apportés par les entreprises et les nouvelles ressources fiscales sur l'épargne et les plus hauts revenus qui seront très peu sollicités, de l'ordre de 260 millions d'euros. C'est cela qui est profondément injuste !

Qui seront les principales victimes, selon vous ?

Ce sont les salariés qui n'ont pas effectué des carrières complètes qui seront de plus en plus nombreux, essentiellement les femmes. Les retraités actuels se disent que deux ans de plus, ce n'est pas la mer à boire, mais ils ont vécu dans un marché de l'emploi où on pouvait faire une carrière uniforme et homogène, ce qui n'est plus le cas aujourd'hui, et c'est là qu'est le changement radical.

Les syndicats ont aussi été très attentifs à la pénibilité et à l'emploi des seniors ?

Ces deux sujets ne sont pas traités dans le projet. La pénibilité sera traitée sous l'angle de l'invalidité. On attendra que les gens ne soient plus aptes à travailler pour leur délivrer un certificat médical qui leur donnera le droit de partir à 60 ans : devront-ils avoir des maladies professionnelles pour partir plus tôt ?

Vous regrettez l'absence de négociations ?

Pour la gestion de la crise, le gouvernement a vraiment fait des efforts, notamment en termes d'emploi, et les mesures n'ont pas été nulles : emplois précaires, création du Fiso (1), bas revenus, il y a eu des acquis. Les organisations syndicales ont eu un rôle majeur, et pour la première fois en France, on a réussi à créer un pacte social par défaut.

Cela n'a pas été le cas pour les retraites ?

On voit bien qu'il y a un problème de financement pour les retraites, on voit bien que le taux d'endettement de la France est très élevé, mais les efforts sont-ils justement partagés ? Si la question de l'âge avait été posée avec en même temps des négociations sur la pénibilité et sur l'emploi des seniors, certaines organisations réformistes auraient pu en discuter.

Dont la vôtre ?

Bien sûr ! Mais à partir du moment où ces questions ne sont pas traitées, on ne peut pas discuter des questions démographiques. On nous dit que ça coûte cher, mais il faut savoir ce qu'on veut. À partir du moment où le gouvernement ne voulait pas négocier ces deux points, à l'exemple du Medef, et où il ne voulait pas de nouvelles sources de recettes, il a bien compris que ce n'était pas la peine d'aller plus loin dans les négociations.

Alors, prochain rendez-vous dans la rue ?

Le 24 juin, l'intersyndicale appelle à manifester contre cette réforme injuste. Nous verrons la mobilisation, qui sera certainement plus forte que le 27 mai. Si ça monte, on recommencera à la rentrée, au moment du débat au Parlement, et FO ne pourra pas faire autrement que se joindre à nous.

(1) Fonds d'investissement social.

 [Good Morning Business] Lien audio:

http://www.radiobfm.com/edito/info/71527/alain-olive-cette-reforme-des-retraites-est-l-une-des-plus-dures-d-europe-/

 

Alain Olive : « Cette réforme des retraites est l’une des plus dures d’Europe »

La rédaction - Good Morning Business - Stéphane Soumier - bfm, le 17/06/2010

Pour le secrétaire général de l’Unsa, la réforme des retraites est injuste et aura de lourdes conséquences, notamment pour les fonctionnaires.


 

Communiqué commun des organisations syndicales
CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

Réforme injuste : mobilisation massive le 24 juin 2010 ! Lire

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Vendredi 17 juin 2010, Eric Woerth recevra le secrétaire général de la CFE-CGC Bernard Van Craeynest et celui de l'Unsa Alain Olive.

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Alain Olive interviendra dans l’émission

« carrefour de l’économie »  de Brigitte Jeanperrin

 sur France Inter

le samedi 19 juin 2010 de 9h à 10h.

 Il débattra avec Bernard Thibault (CGT), François Chérèque (CFDT) et Jean-Claude Mailly (FO) sur le thème des retraites.

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Retraites : une réforme injuste

16 juin 2010 - Le projet de réforme des retraites est désormais connu : pour l’UNSA, c’est un projet injuste. Lire

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bagnolet, le 16 juin 2010

 Des mesures Retraites pour la Fonction publique ni justes, ni équitables !

L’UNSA Fonction publique a pris connaissance ce jour des arbitrages effectués, au sujet de la réforme des retraites.

L’UNSA Fonction publique prend acte du maintien, dans la Fonction publique, du mode de calcul de la pension, fondé sur les six derniers mois de traitement indiciaire.

Le Gouvernement a entendu nos critiques et la justification de ce mode de calcul, lié à la fois au statut général et au mode de rémunération des agents publics.

D’autres mesures prises par le Gouvernement sont en revanche à dénoncer fortement :

Le passage de l’âge légal d’ouverture des droits à la retraite de 60 à 62 ans est totalement inacceptable, d’autant que cette modification des règles actuelles aura un effet direct sur la décote, dont l’âge d’annulation passera ainsi de 65 à 67 ans. Tous ceux qui ont fait des carrières incomplètes (des femmes en majorité) ou qui ont effectué des études longues subiront donc de plein fouet les effets de cette mesure.

Dans la Fonction publique, pour tous les « services actifs » partant aujourd’hui en retraite à compter de 55 ans, l’âge légal de départ en retraite passera à 57 ans, et l’âge d’annulation de la décote glissera de 60 à 62 ans.

Visiblement le Gouvernement refuse d’ouvrir le dossier sensible et complexe de la pénibilité au travail, se contentant d’envisager uniquement des mesures d’ordre individuel, étudiées et prises au cas par cas, en fonction de l’état de santé de certains agents (et selon des critères a priori très réducteurs liés à un taux d’invalidité).

Nous constatons objectivement que cette réforme, contrairement à ce que voudrait nous faire croire la communication gouvernementale, n’est ni juste, ni équitable, car elle s’attaque une fois de plus aux femmes (par la suppression du droit au départ anticipé pour les mères de trois enfants notamment) et aux plus bas salaires (fin du « minimum garanti » et convergence vers les règles du secteur privé moins favorables). Les agents de catégorie C de la fonction publique seront donc à l’évidence les plus pénalisés par cette mesure !

Si le relèvement du taux de cotisation (étalé sur 10 ans) s’avère cohérent, il est hors de question que ce soient les agents publics qui en subissent les conséquences, par une nouvelle perte de leur pouvoir d’achat. Pour l’UNSA Fonction publique, c’est à l’employeur public qu’il revient de payer, en compensant ce différentiel.

 

                                                                                                      Elisabeth DAVID

                                                                                                         Secrétaire Générale

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Monsieur François FILLON

N/REF. ED/CD/30-2010 Premier Ministre

Hôtel Matignon

Objet  : Préavis de grève de 24 h 00 57, rue de Varenne

pour le Jeudi 24 juin 2010 75700 PARIS

Monsieur le Premier ministre,

Par la présente, l’UNSA Fonction Publique dépose un préavis de grève de 24 heures, pour la journée du 24 juin 2010, pour l’ensemble des fonctionnaires et agents publics des trois versants de la fonction publique, ainsi que pour la POSTE.

En effet, l’UNSA Fonction Publique entend, par cette mobilisation, rappeler que  :

 

  • la remise en cause de l'âge légal à 60 ans est inacceptable et injuste, en particulier elle fait porter les efforts sur les salariés qui ont commencé à travailler tôt et les travailleurs et travailleuses les plus précaires ;
  • la reconnaissance de la pénibilité est incontournable et ne peut se concevoir à partir d'un examen médical ;
  • la question des nouvelles ressources reste pleine et entière ;
  • La situation de l’emploi se dégrade, notamment pour les jeunes et les seniors, nécessitant une autre politique de l’emploi.

Les orientations du gouvernement ignorent l'essentiel des exigences formulées par les organisations syndicales.

Le gouvernement reste campé sur l'allongement de la durée de cotisations, le report de l'âge légal de départ à la retraite et sur l’harmonisation entre le public et le privé, ce qui constitue autant d’incertitudes pour les agents publics !

Je vous rappelle qu’il appartient au Gouvernement d’utiliser la période de préavis pour relancer la négociation sur la base de propositions nouvelles qui répondent aux demandes que nous avons formulées auprès de vous.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier ministre, l’assurance de ma considération distinguée.

Elisabeth DAVID

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Retraites: l'UNSA "absolument pas d'accord" avec les pistes envisagées  

220410 12h 31

PARIS (AP) — La représentante de l'UNSA Elisabeth David a déclaré jeudi que son syndicat n'était "absolument pas d'accord" avec les pistes envisagées par le gouvernement sur la réforme des retraites, à l'issue d'une rencontre avec le ministre du Travail Eric Woerth.

Ce dernier poursuit ses consultations sur le sujet en recevant dans la journée quatre fédérations syndicales (UNSA, FSU, CGC et UFFA-CFDT), alors que ces dernières craignent un alignement du régime de la Fonction publique sur celui du privé, moins favorable. Ces rencontres se tiennent dans le cadre des consultations lancées entre le gouvernement et les partenaires sociaux le 12 avril.

Alors que M. Woerth doit présenter un premier "document d'orientation" le 15 mai, la principale crainte pour les syndicats est de voir le calcul de leur pension se faire sur la base des 25 meilleures années de salaire -comme dans le privé- contre les six derniers mois actuellement.

"Nous ne sommes absolument pas d'accord sur la remise en cause du calcul. Nous ne sommes absolument pas d'accord sur la remise en cause des six derniers mois pour les fonctionnaires et la remise en cause de l'âge de 60 ans pour l'ouverture des droits", a dit Mme David à la presse.

Pour la représentante de l'UNSA, qui met en avant le fait que les primes des agents de l'Etat ne sont pas prises en compte dans le calcul de leurs retraites, "il n'est pas évident que ce soit les fonctionnaires qui soient des nantis".

"Si on veut remettre en cause les six derniers mois, là on va trouver des opposants chez les fonctionnaires, ça c'est évident. Ca peut se traduire par des grandes manifestations", a prévenu Elisabeth David.

Plus tôt jeudi matin, le secrétaire général de Force ouvrière Jean-Claude Mailly avait estimé qu'une remise en cause du mode de calcul des retraites des fonctionnaires reviendrait à mettre "de l'huile sur le feu".

"Il faut savoir que, aujourd'hui, avec les réformes en cours (...), c'est le bordel dans la Fonction publique: aujourd'hui, on fusionne dans les départements, c'est la Révision générale des politiques publiques, plus personne ne sait comment ça doit fonctionner, qui dirige, quelles sont les missions de service public", a-t-il déploré sur BFM-TV. "Alors si en plus ils rajoutent à ça (...) une remise en cause des critères en matière de retraite, à eux de mettre de l'huile sur le feu, c'est leur choix". AP

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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